Croissance et décroissance

Publié le par Bob

La croissance de Monsieur Fillon

    Monsieur le premier ministre était très heureux de nous annoncer que la croissance serait supérieur aux prévisions (2,2 % au lieu de 1,7 %). Quel exploit, si on s'arrête là. mais voila, il précise a demi-mot que cette croissance est due à l'investissement et non à la consommation. Qui augmente, elle aussi, mais pas pour les mêmes raisons.

    Les statistiques sont un bonheur pour qui sait les manipuler, c'est le cas des politiques de droites comme de gauches. En effet, il y a deux types de croissances. Celle de l'investissement, qui ne profite qu'aux investisseurs et non aux restes et celle de la consommation, qui est sensée profiter à tous le monde. En fonction des besoins, ils utilisent les chiffres qui les arranges mais ce n'est pas un scoop.

    Commençons par les investissements. Les investissements boursiers qui ne profitent qu'aux gros détenteur de portefeuilles. On peut dire qu'il y a effectivement une croissance de l'investissement boursier, même si parfois il y a des baisses. Car certains spéculateurs parient sur les pertes des sociétés pour s'enrichir. Les investissements industriels et commerciaux qui permettent aux industriels étrangers (et notamment asiatique) soumis à des quotas d'exportation, d'investir dans le rachat de sociétés en difficultés pour faire tomber la barrière des quotas et ensuite fermer boutique, une fois les barrières disparues. Ou de lancer des OPA comme MITTAL pour obtenir la première place et réduire la concurrence. Ensuite, on ferme les sites car plus de concurrents.
    C'est la croissance dont nous a parler monsieur le premier ministre.

    Maintenant, il y a la croissance de la consommation. Celle qui rapporte des revenus fiscaux à l'état (TVA, TIPP, Impôt sur les Sociétés (I.S.), Taxe sur le chiffre d'affaire, etc...). D'un point de vue professionnel, on peut dire qu'il y a une croissance car la consommation augmente. Si on décompose la consommation en deux éléments distincts, il y a la consommation globale et la consommation familiale.
    La consommation globale est celle qui est prise en considération pour annoncer une hausse de la consommation. Elle est calculée sur les recettes fiscales des entreprises. D'après ce mode de calcul, on peut estimer qu'il y a hausse de la consommation. En effet, si la population augmente dans un pays, sa consommation aussi.
    C'est ce chiffre qui est utilisé par les politiques pour annoncer les bonnes nouvelles.

    La croissance de la consommation des ménages, analysée individuellement (foyer fiscal par foyer fiscal) montre d'autres résultats. Cette croissance n'existe pas, c'est une décroissance. La hausse des salaires ne permet pas de compenser l'inflation réelle. Là encore, la liste des produits phares, utiliser pour calculer le taux d'inflation, change en fonction des besoins politiques. Il faut savoir que l'I.N.S.E.E. (Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques)  est un organisme d'état sous la tutelle du Ministère de l'Economie et des Finances (MINEFI), donc les chiffres sont manipulés même si personne ne l'avoue. Dans toutes les catégories sociaux professionnelles, la baisse du pouvoir d'achat est effective. Sauf chez les amis de Monsieur Sarkosi (augmentation des indemnités du Président de la République en 2007, de 140 %).

    Conclusion, on camoufle la baisse du pouvoir d'achat individuel par une hausse de la consommation collective. Puisque la population augmente, la consommation aussi. Ce qui ne veut pas dire, que vous et moi aurons plus à manger demain.
    Arrêter de prendre les gens pour des imbéciles, Monsieur le premier ministre. Votre sourire n'est que le reflet de la grimace des autres.

Bob.

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